Odette Arseneault

Jeudi 2020-04-09
 

Exercice 1:  Vous venez de découvrir les lettres «P» et «C» dans votre sac (pour les femmes) et votre mallette (pour les hommes).  Trouvez le plus d’objets possibles qui commencent par ces lettres et qui se trouvent dans votre sac ou mallette.

 

Exercice 2: À l’aide d’au moins 4 ou 5 de ces objets, écrivez une histoire qui mettra en vedette votre artiste ou sportif préféré.


Jeudi 2020-04-16
 

Exercice 1:  Décrire un moment ou un événement dans la journée d’une personne très très, mais très distraite.

 

Exercice 2:  En cette période de confinement, décrivez une activité que vous avez réalisée ou que vous voulez réaliser, mais que vous remettiez toujours à plus tard… quand vous auriez le temps.


Jeudi 2020-04-23

 

Exercice 1:

À partir de la photo dans le fichier joint,  imaginez une histoire ou peut-être un souvenir qui vous rappelle «l’ancien temps». (Merci à Pauline pour la suggestion de cet exercice).

 

Exercice 2:

 

Imaginons qu’on a tous et toutes le même ami qui s’appelle Bertrand Dufour.  C’est aujourd’hui le jour de son anniversaire.  De quoi sera faite sa journée?


Jeudi 30 AVRIL 2020

 

Exercice 1:
La même phrase de départ pour tous.  Vous faites un texte sur le thème d’une enquête policière.  La phrase de départ est:  «Dès que j’aperçus mon père dans le hall de l’hôtel………………………

 

Exercice 2:
Vous devez inventer une nouvelle maladie.  Donnez-lui un nom, des symptômes, à qui elle s’attaque et la façon de la guérir.

 


Jeudi 7 mai 2020
Voici les deux exercices de la semaine:
Exercice 1:
Quand vous lancez un bébé en l’air, il rit, parce qu’il sait que vous l’attraperez.  C’est ça la CONFIANCE.  Écrivez une histoire ayant pour thème la confiance.
Exercice 2:
Dimanche prochain, ce sera la fête des mères.  Parlez-moi de la vôtre dans un texte qui la mettra en valeur.
Bonne semaine et bonne fête à toutes les mamans et à toutes les femmes. Bisous.

Jeudi le 14 mai 2020

Exercice 1:

Vous devez compléter les 2 phrases suivantes, soit en prose ou en vers selon votre inspiration du moment (thème libre)

«La vie est étrange avec ses détours

Nous l’apprenons tous un jour» …..

 

Exercice 2:

 

Vous avez trouvé une lettre dans votre boîte aux lettres et vous l’avez ouverte.  Mais cette lettre ne vous était pas adressée.  De qui était-elle? Que contient-elle? À qui était-elle adressée?.

Faites une belle histoire de cette lettre.

 

Jeudi 21 mai 2020

Comme d’habitude, à la fin de la saison d’écriture, on se rend au restaurant pour se réunir une dernière fois et papoter ensemble dans un décor moins formel.

 

Vous devez donc imaginer dans quel restaurant on se rendrait, qui serait là, qu’est-ce-que vous mangerez, que vous boirez, quel sera votre dessert, quelle sera l’ambiance, le service, les jeux et que se dira-t-on à la fin du repas.

 

Bon dernier atelier.



CONTE
Voici le canevas pour l’écriture du chapitre 1:
Les personnages discutent du problème de l’émir de Kadash.  La sultane écoute, dissimulée derrière une fenêtre grillagée qui donne sur la salle du Conseil.  Pour lier les deux familles, on suggère de demander la fille de l’émir en mariage et d’inviter son jeune fils à devenir l’écuyer de Karim.Le défi en réalisant votre texte d’une page environ ou moins est de faire intervenir les cinq sens (toucher, odorat, goût, vision et audition).

L’exercice de cette semaine est de choisir deux personnages dans la liste des personnages et de décrire leur apparence physique (taille, allure générale, cheveux, etc.), leur caractère (leur manière d’être, qualités, défauts, etc.)

Farid 15 ans, fils de la marchande Séphora, femme sans âge aux propriétés mystiques possédant l’accès aux sources des élixirs prisés par les chamanes des grands souverains.Farid attise les regards. Des yeux aux couleurs du temps et un sourire infligeant la quiétude. À 10 ans, il est contraint par la mort de son père de rejoindre les amis choisis, les privilégiés pour amuser le fils de l’Émir kamil bin Abdoul.

 

Dès son intégration au palais, Farid obtient des muftis de l’émir, un respect et une fascination lui donnant accès au couloir de la choura. Malgré les larmes de la marchande, celui-ci se verra séparer de sa mère, de son amour maternel et de ses secrets. Cette ultime coupure, le rendra plus avide, plus ingambe et le guidera à la recherche de sa vérité sur le monde mystérieux dans lequel, il opère.

 

Ses journées se résument à comprendre la fatwas, l’étude coranique, et de longues heures à manier les armes. Pour l’honneur du fils de l’Émir, Djamil, il s’abstient de gagner les parties de Manecalé sous le regard attendri de sa jeune sœur, Soray. Mais au fond, les deux jeunes hommes se vouent une affection qui dépassent l’amitié.


Chapitre 3

Le Général Al-Din arrive à Kadesh.

– Décrivez son arrivée et sa réception par l”Émir Kamel bin Abdoul

– Ce dernier lit la lettre demandant la main de Soraya pour Karim, le fils du sultan.

Écrivez cette lettre.

– Quelle est la réaction de l’Émir devant cette demande: ce qu’il en pense vraiment et ce qu’il dit à l’ambassadeur.

 

Le Général Al-Din arrive à Kadesh.

Trois jours et trois nuits sur la route du soleil, enfin, le général Al-Din entre dans la prestigieuse ville de l’émir. Kadesh, ville de la « divinité » selon la mythologie grecque. Elle fut le haut lieu de la première grande bataille en 1274 av. J.C. et qui a opposé deux des plus grandes puissances du Moyen-Orient : l’empire hittite de Muwatalli, et le nouvel empire égyptien de Ramsès ll. Les vestiges (description sur l’architecture égyptienne) de cette époque trônent aux portes de la capitale de l’émir, Muhammad al-Din. L’Émirat est l’exemple parfait de la vie musulmane et de sa fonction politique. Elle s’affirme par la présence de l’alcazar, le palais du calife (description de l’architecture de style des palais de l’Alhambra) et de ses nombreuses mosquées de quartier pour accueillir les fidèles. Les commerçants très florissants grâce aux bateaux ou caravanes remplient en provenance du bassin méditerranéen, d’Afrique, Inde et la Chine. Le califat est le joyau du pouvoir ultime pour et contre le sultan.  L’émir, Kamel bien conscient de cet atout. Il gouverne avec déférence. Elle se mesure avec son or, ses épices, ses pierres précieuses, son ivoire, ses papiers, ses tissus, et la provenance de ses esclaves… Les souks sont le poumon de Kadesh et permettent à l’émir de lui donner un pouvoir sur le sultan. Et il maîtrise son atout face à Son Altesse.

Le général s’abreuve lui et sa précieuse monture noire, pure race avec sa tête très typée et son port de queue relevé, au sébil d’eau fraîche. Il se dirige vers le hammam pour y prendre un bain avant de se présenter à l’émir près de la grande mosquée. (Description de son corps et des vertus du hammam) Accompagné de pèlerins se purifiant, et respectant le rituel qui précède la prière.  Il s’assure de confier sa jument à un palefrenier consciencieux des soins requis.

Plutôt, le général a informé un coursier princier de sa venue à la salle d’audience des ministres. Mais ce message, l’Émir, le connaissait déjà. Ses contacts au sultanat avaient devancé son arrivée avec cette missive; « Le général, Muhammad al-din voyagera à selle jours et nuits vers l’oasis de l’Émir pour convoiter son bien précieux. Kamel (trait caractéristique de Kamel) présageait l’éventuelle demande du Sultan.  Tout le royaume convoitait ses biens. Dans chacune des villes, les nouvelles de ces arrivages lui conféraient l’envie.

À l’intérieur du Diwan, Kamel siégeait en silence. En attente du messager de son rival ultime, le responsable de la douleur infini de son cœur, son amour fou porté à la belle et farouche Fatma alors âgée de 17 ans et maintenant épouse du sultan depuis 20 ans. Tous les deux éperdument amoureux ne pouvaient se passer un de l’autre. A cette époque Kamel, fils de paysan, s’était juré d’accéder au pouvoir. Il avait prouvé à plusieurs guerriers son intelligence et sa force pour prendre l d’assaut l’émir de Kadesh et ainsi obtenir la main de la jolie Fatma.. Mais son père lui a préféré le sultan le croyant sans valeur pour fille. La rage et la colère de la perdre a attisé le feu en lui. Elle s’est transformée en une force invincible et lui confère un notoriété que peu d’homme ose affronter.


 

Le canevas pour le chapitre 4 est le suivant :

–Durant le festin, l’Émir de Kadesh présente Soraya aux ambassadeurs.

-Al-Din est subjugué par Soraya, en devient amoureux

-Fatma chante une chanson qui parle d’un amour perdu.

-Quels sont les plans futurs de l’Émir?

 

Les textes sont dus pour le 14 juin.

Bien entendu, tous peuvent participer à cet exercice.

Bonne écriture!

Yves Dion


 

Jour 24

 

Enfin, la nuit est tombée, les étoiles brillent plus que d’habitudes dans le regard de Fatma debout sur son balcon. Son cœur s’accélère à l’idée d’être à nouveau dans les bras de son amant Kamel. Le désir monte en elle à la pensée de retrouver son corps fort et musclé aux mains habiles pour assouvir ses phantasmes. À ce même moment, elle entend des pas dans sa chambre. Est-ce lui qui revient dans son lit tel que promis pour une autre nuit d’amour?

 

Kamel se tient debout devant la porte secrète, il la regarde avec contemplation. Ses yeux sont envoûtés par la femme qu’il ne veut plus quitter.

 

  • Oh! te voilà enfin!

 

Sans dire mot, leurs corps reprirent le rythme de la nuit dernière. Cherchant à offrir à l’autre du plaisir. Les baisers, se répétant de manière continuelle, sans arrêt à la recherche de faire un.  Fort avant la nuit, voyant la lumière se lever, une larme se mit à couler sur la joue de Fatma.

 

Inquiet, Kamel lui demande :

 

  • Mon amour ! Pourquoi tes yeux sont-ils noyés de tristesse ? N’es-tu pas bien dans mes bras? Je suis fou de toi. Je ne veux plus que tu me quittes. Je te garde auprès de moi. Je ne pourrai vivre sans toi. Je t’ai toujours aimé et maintenant que tu es dans mon lit, tu y resteras. N’est-ce pas ton désir ?

 

Fatma buvant ses mots d’amour avec la gorge nouée par la peine et la peur répond :

 

  • Kamel, mon premier amour et le seul … Je suis l’épouse du Sultan. Je suis ici pour demander la main de ta ravissante fille pour notre fils, Djamel promût sultan. J’ai voulu m’enquérir de cette missive, car je voulais te revoir. Et me voilà dans tes bras. Je me suis prise à mon propre piège. De toute ma vie, mon corps a connu autant d’extases qu’avec toi. Depuis, tout mon être aspire à vivre dans tes bras pour t’aimer et te chérir. Dans quelques jours, je devrai retourner auprès de mon époux et reprendre ma place au palais. Oh! Quel déchirement de concevoir te quitter à nouveau!

 

Le souffle coupé par le désespoir, Fatma tombe en larmes dans les bras de Kamel. Celui-ci la serre fortement contre son torse nu et lui dit doucement dans l’oreille :

 

  • Ma chérie, mon amour est confiance en moi. Après t’avoir quitté la nuit dernière, j’ai réfléchi longuement pour trouver le moyen de te garder auprès de moi pour l’éternité. Écoute ce que je réserve à ton cher époux.

 

 

Graduellement, Fatma reprit son souffle et la confiance revint sur son visage à l’écoute du plan élaboré par la magnificence de son valeureux guerrier. Elle lui promit de garder le silence. De ne dire mot à personne même avec Djamil qui lui aussi sera aux faits des évènements à venir.

 

Avant que les dames de chambre entrent pour préparer le bain de Fatma, les amoureux se quittent rassurés par la conviction d’une union éventuelle.

 

Kamel ne perd pas de temps pour mettre en marche son stratagème. Sa priorité convoquée, sa fille dans ses appartements privés pour lui annoncer qu’il accepte la demande du sultan.  Il est méticuleux dans ses actions, car la gloire est pour bientôt. Ses pions avancent sur son échiquier pour l’ultime ¨Échec au roi¨. Sa future vengeance révoquera sa suprématie. Il se méfie de tous ceux qui gravitent autour du sultan surtout le général Al-Din. Rien ne doit lui échapper.

 

On avise l’Émir que sa fille arrive. Elle apparait sous ses yeux, toute souriante et entonnant une ribambelle d’histoires plus loufoques les unes que les autres. Admiratif devant son enfant, il l’écoute avec engouement. Cette jeune femme au tempérant indépendant et affectueuse a toujours obtenu tout de son père. Depuis la mort de sa mère, la jeune Soroya au caractère fort et si attachant a grandi dans une liberté proscrite aux filles et aux femmes. Le père interrompt sa fille dans ses histoires de courses à cheval.

 

  • Soya (petit sobriquet entre le père et la fille) je suis au courant de ta sortie à cheval avec le général Al-Din. Tu dépasses les règles de convenance pour une jeune fille promise au fils du Sultan. Je ne veux plus de te savoir seul avec cet homme. M’as-tu comprise ?

 

Les épaules montées, le regard en furi, Soroya répond :

 

  • Père ! Le Général et moi, nous sommes deux fervents d’équitation. Il monte merveilleusement à cheval et vous connaissez ma passion pour cet animal. C’est ce que j’ai de plus précieux au monde après vous. Ne m’empêchez pas de monter à nouveau à cheval avec lui. J’ai eu tant de plaisir à montrer mon adresse à un vrai cavalier.

 

  • C’est non ! J’ai des raisons de t’interdire d’être seule en sa compagnie même si c’est un excellent cavalier. Tu n’as pas besoin de prouver à personne que tu excelle sur ta monture. Tout l’oasis est au fait de tes qualités de cavalières. De toute façon, ce n’est pas à lui que tu dois prouver tes aptitudes.

 

Kamel devient silencieux et le regard lointain…

 

  • À qui père ?

 

Sur un ton solennel, Kamel répond :

 

  • Soroya ! Assis-toi ! Et Écoute-moi attentivement!

 

La jeune fille surprise par le ton de voix de son père s’assoit sur un coussin près de lui et dépose son visage sur ses genoux. D’un regard attendri, elle écoute.

 

  • Ma fille, je t’ai demandé à te voir pour te parler du fils du sultan donc épargne moi tes soucis de chevaux. Tu as le don de me faire dévier de mon rôle de père et d’Émir. Tant de fois, tu as réussi à obtenir de moi des grâces qui m’ont donné bien des soucis. Ma chère enfant, tu as grandi en connaissant pertinemment ta fonction en tant que fille d’Émir. Actuellement, nos hôtes, le Général Al-Din et l’épouse du Sultan attendent ma réponse pour l’union de nos deux familles. Ma décision est prise et je consens à ce mariage entre toi et le futur sultan de Al-Khandra. C’est un choix inouï pour le bien de tous. Tu repartiras avec eux pour la nikah. D’ici là, profite de tes chevaux de ta liberté que tu possèdes ici. Tu emporteras ta jument préférée. Ta nourrice Almina t’accompagnera. voyage. Elle veillera à ton éducation pour la suite de ta vie d’épouse et de mère.  De plus, je consens à ce que ton frère, Djamil devienne écuyer du prince. Tu passeras par lui pour me partager ta bénédiction. Le mariage est sacré et tu t’investiras pour le bonheur de ton tous.  Mon enfant, sache que la liberté est en toi, elle t’appartient…  Si tu la cherches, ferme les yeux, elle apparaitra à nouveau. N’oublie jamais ses paroles. Qu’Allah te bénisse.

 

Les mains dans ces longs cheveux noirs bouclés, il caresse son doux visage. Le père et la fille vive un dernier moment de vie…

 

Dès la sortie de Soroya de ses appartements privés, l’émir Kamel se rend directement dans son haut lieu de gouverne. Il s’assure de la présence de son fils et de son ami, Farid ainsi que tous ses sujets loyaux pour rendre sa décision au général Al-Din. Dès que tous se retrouvent assis confortablement en chuchotant des ragots sur l’avenir de l’oasis de l’Émir. Celui-ci demande le silence, il a une annonce à faire :

 

  • Général Al-Din, digne sujet de notre grand sultan de l’Al-Khandra. Veuillez-vous rendre garant de ma décision au sultan.

 

Le général s’enquit avec un geste de la tête de la responsabilité de porter le message au palais. L’Émir s’exprima avec une voix ferme et sûre :

 

 

-Ma fille unique, Soroya né d’une première épouse avec dix-sept printemps         deviendra la première femme du fils, Karim, premier descendant du sultan d’Al-Khandra si celui-ci honorera la dote. Vous pouvez envoyer un messager courir ma réponse au palais. Pour la suite, avant votre départ, nous reparlerons de la dote et du voyage.

 

Suite à son court énoncé, on pouvait entendre une mouche volée. L’Émir se retira avec son fils laissant derrière lui éloges et diffamations courirent sur les lèvres des hommes présents sur la possible l’alliance entre l’oasis et Al-Khandra.

 

 


 

Jour 25

À la sortie de la jeune Soroya de ces appartements privés, l’Émir Kamel s’empresse de trouver son fils, Djamil pour l’informer du déroulement des événements à venir.  Celui-ci est en présence de son ami dévoué, Farid, dans la salle d’armes.  Un repère inaccessible aux hôtes. Tous les deux trompent le temps à spéculer sur des combats corps à corps. Tuerie, massacre, rivalité, des sujets de prédilections pour deux jeunes hommes absorbés par une soif de gloire. Le père dubitatif les regarde avec un air songeur. Kamel se remémore, lui, à cet âge. Jeune à l’esprit guerrier. Voulant à tout prix prouver sa toute-puissance, avide de triompher sur sa pauvreté.  Renverser le poids de sa naissance, fils de paysan. La mort était une option pour quitter ce rang.

Est-ce que son fils face à sa propre mort sera valeureux et résolu d’accéder aux courageux guerriers sur leur étoile toute puissante ?  Celle qui éclaire la nuit par sa blancheur. Parfois ronde, parfois morcelé et parfois absente. La voute des guerriers, cet astre qui les illumine la nuit des combats.

Kamel interrompt les deux jeunes hommes.

  • Mon fils, le temps des ambitions succède à l’action. J’ai accepté la demande du Sultan. Ta sœur est au courant et se prépare pour ce long voyage. Tu pars avec elle. Sa vie est entre tes mains.

Djamil surprit d’apprendre son départ. Interroge son père :

  • Père ! Comment participer à la conquête de l’Al-Ksandra si je deviens l’écuyer du Sultan?

  • Je réserve un guet-apens à celui-ci.

Farid écoute le père et le fils sans rien dire. Son silence témoigne de sa loyauté. Il voue

un attachement  sans failles pour l’émir et son fils. Depuis l’âge de 5 ans qu’il joue le rôle d’enfant-ami de l’héritier.  Avec les années, ce rôle s’est transformé en un mélange de sentiments du passage de la fratrie, à l’attirance à l’adulation. Farid ressent un abandon à la pensée de le voir partir loin de lui pour toujours. Le visage triste, il se questionne sur son propre avenir. Mais il n’ose pas partager son désir de l’accompagner.

Djamel poursuit son élocution sur son ambition de combattre l’armée du Sultan auprès de son père. Kamel termine court la conversation :

  • Fils! La conquête s’obtient contre l’homme qui lève le sabre contre toi. Mon âme coule dans tes veines. Tu es moi !

Kamel tourne son regard sur le jeune Farid. Et lui dit :

  • Farid, je connais ta fidélité envers mon fils et moi. Ton silence est d’or. Je t’estime plus qu’un ami de mon enfant. Tu es le garçon adopté sans papier, mais gravé sur mon épée. Toi et Djamel, vous vivez comme deux frères. Si ton envie de prendre la route avec mes enfants est ton souhait, il t’appartient de partir. Mais tu dois avant tout obtenir la bénédiction de ta mère. Elle a le droit de t’interdire de la quitter. Sa situation de veuve te met responsable d’elle. À toi de voir.

Aussitôt ses paroles dites, l’Émir se lève laissant les deux jeunes hommes à la recherche d’astuces pour ne pas se séparer. Djamil émet l’idée de réclamer l’aide du général Al-Din. Ensemble, ils se motivent. L’idée d’obtenir de la part du général des privilèges au nom du sultan émerge de la bouche de ces jeunes guerriers. Ils se prétendent avoir des droits d’être accueillis avec toutes les exigences inimaginables. Les discussions ou les suppositions se surpassent d’un à l’autre pour aboutir qu’il est impératif que l’ami honorable du fils de l’Émir et frère de la future épouse de l’héritier du royaume de l’Al-Ksandra reçoive une place de choix dans la cavalerie. Il est inévitable d’obtenir un engagement de la part du général Al-Din qui justifiera la peine et les larmes de Séphora, pour la perte de son fils unique. Sa consolation vivra dans l’ascension de son unique fils auprès des élus promus au ciel de lit.  

Les deux frères sans le sang, mais de cœur s’engagent à convaincre la veuve par la voix du général Al-Din, l’assurance d’un avenir prometteur pour Farid. Ainsi sa mère se réjouira de sacrifier son fils. Aux pas de course, ils traversent le palais et se dirigent vers sa chambre.  Les eunuques informent les garçons de vérifier près de l’écurie. Là où sont logés les trente cavaliers.

Le bruit des lames qui s’entrecroisent. Des hommes s’amusent à la volée d’un coup d’épée. Le feu ardent pour marteler le fer rouge et ciseler la vie de l’ennemi. Le hennissement des bêtes et l’odeur belliqueux mélangés à l’agneau brûlé.  Une ambiance tyrannique fait place au silence lorsque Djamil et Farid s’avancent vers eux. Les jeunes hommes demandent à parler au général Al-Din. Un homme aux mains noircies par le feu les informe qu’il se trouve auprès de l’Émir Kadesh. À cette nouvelle, ils quittent rapidement cette atmosphère pugnace.

Durant ce temps, derrière sa table de travail, l’émir Kamel flegmatique regarde ses cartes et invite son interlocuteur, Al-Din a tiré une d’entre elles. Le général courtois ramasse de sa main droite une carte. Il la regarde sans mot. Kamel lui demande de définir celle-ci. Al-Din répond :

  • Voici la carte de la déesse de l’amour.

Sur cette carte est dessinée:  une femme assit les jambes croisées aux longs cheveux noirs. Elle dévoile sa paume de main droite marquée d’un tatouage de la Hamsa. Le signe de protection contre le mauvais œil qui a pour effet de défendre toute personne qui chercherait à vous nuire. Et sur le pied gauche entouré d’un serpent, on y lit l’expression ¨Tanmout âlik¨ (je meurs d’amour pour toi).

Kamel sourit et s’exprime :

  • Général Al-Din, digne sujet de notre prestigieux sultan du royaume de l’Al-Tsandra. Votre carte est bénie par Allah. La déesse de l’amour se manifeste en faveur de l’union de ma fille au prétendant du sultanat. En votre présence, je vous confie la lettre témoignant de mon engagement d’offrir ma fille unique Soroya, né d’une première épouse de dix-sept printemps à son fils Karim. De plus, j’honore notre illustre sultan. Sa bienveillance envers mon fils, Djamil, de l’accueillir dans le poste prestigieux de Premier Écuyer de Karim est gage de confiance. Je compte sur vous, Général ! Assurez-vous que cette lettre passe de ma main directement à celle de notre sultan avant trois nuits. Personne à part vous ne devez connaître ma décision tant que le messager n’est pas revenu preuve à l’appui.

Le Général Al-Din s’enquit de répondre :

  • Émir Kamel, je vous félicite pout votre judicieuse décision. Le mariage de ces deux jeunes gens consolidera la paix sur le royaume et prodiguera richesse sur vos deux familles. Leur amour est béni par le Allah tout puissant. Je m’engage à respecter vos exigences pour le messager.

Qu’Allah vous bénisse en ses temps de bonheur.

En marchant vers le messager, lettre à la main, Al-Din éprouve une grande tristesse. Son cœur bat pour la belle Soroya dès que ces yeux se posèrent sur elle. Maintenant, il ne peut plus aspirer à la désirer. Sa tête s’embrouille à l’idée de la côtoyer de si près au palais la sachant dans le lit du fils, Karim. Il ne la mérite pas. Il va la briser de force cette fauve…une perle de femme forte et libre. L’esprit mêlé, il pense à comment renverser cette décision. Dans ses songes, il entend son nom crié par-dessus la rambarde. C’est le fils de l’Émir, Djamil et Farid qui lui crient de les rejoindre au jardin. Il prend les marches une à une essayant de reprendre ses esprits afin de rien laisser paraître.

Essoufflé, Djamil commence à s’adresser au Général pour l’informer de la requête de les aider à convaincre la mère de Farid. Celui-ci écoute méticuleusement leur souhait. Il accepte cette petite mission. Pour lui, il s’interroge sur cette mystérieuse relation entre ses deux jeunes hommes. Est-ce qu’on lui cache un fils non reconnu de l’Émir? Est-ce l’amoureux de la tendre Soroya ? Est-ce plus qu’une fratrie ? Accablée par le désespoir de rêver d’enlacer la jeune fougueuse cavalière. Il tarde à forger une réponse convenable pour soulager l’inquiétude des deux comparses. Il s’engage à leur fournir une proposition avant de prendre rendez-vous avec la veuve, Séphora.

Ils se quittent tous les trois absorbés par leur propre tourment.