Audette Lambert

Jeudi 2020-04-09

Exercice 1:

Vous venez de découvrir les lettres «P» et «C» dans votre sac (pour les femmes) et votre mallette (pour les hommes).  Trouvez le plus d’objets possibles qui commencent par ces lettres et qui se trouvent dans votre sac ou mallette.

 

ITEMS DANS MA SACOCHE AVEC UN «P» ET UN «C

PARFUM    PORTE-MONNAIE          PORTE-MINE       PAPIER

PAPIER MOUCHOIR      PORTE-CLÉS       PURREL     PEIGNE

PORTE-CARTES            PROTÈGE-DESSOUS     CLÉ USB    CLÉS

CARTES     CINQ DOLLARS   CARNET

TEXTE À PARTIR DE CES ÉLÉMENTS

 

EN CE TEMPS DE CONFINEMENT, JANETTE BERTRAND AVAIT DÉCIDÉ QU’ELLE NE SORTIRAIT QU’UNE FOIS PAR SEMAINE POUR FAIRE SES COURSES ESSENTIELLES ET POUR VOIR UN PEU COMMENT SE DÉROULAIT  LA VIE AUTOUR D’ELLE.

 

ELLE AVAIT PRIS SOIN DE FAIRE SA LISTE D’ACHATS: PARFUM, PAPIER À IMPRIMANTE, CLÉ USB ET PAPIER MOUCHOIR.   AVANT DE SORTIR DE CHEZ ELLE, ELLE SE DÉSINFECTA SOIGNEUSEMENT AVEC SON PURREL, REFERMA LA PORTE DE SON APPARTEMENT ET ELLE PARTIT À PIED AVEC SON PANIER DE PROVISION SUR ROULETTES.

 

ARRIVÉE À LA CAISSE, POUR PAYER SES ACHATS, ELLE VOULUT SORTIR SON PORTE-MONNAIE DANS LEQUEL SE TROUVAIT SA CARTE DE CRÉDIT, MAIS, Ô MALHEUR, ELLE S’APERÇUT QU’ELLE L’AVAIT OUBLIÉ À LA MAISON ET QU’ELLE N’AVAIT SUR ELLE QU’UN BILLET DE CINQ DOLLARS.

 

UN  PEU PATAUDE, ELLE REPARTIT CHEZ ELLE AVEC LE SEUL OBJET QU’ELLE AVAIT PU SE PROCURER AVEC SON MAIGRE BILLET, SOIT UNE BOÎTE DE PROTÈGE-DESSOUS.  AU MOINS, SE DIT-ELLE, LORS DE SON CHEMIN DE RETOUR, JE NE SERAI PAS SUJETTE AUX FUITES.

PAR AUDETTE LAMBERT

 

Exercice 2:

À l’aide d’au moins 4 ou 5 de ces objets, écrivez une histoire qui mettra en vedette votre artiste ou sportif préféré.


Jeudi 2020-04-16

Exercice 1:

Décrire un moment ou un événement dans la journée d’une personne très très, mais très distraite.

 

Notre ami Pierre vient de se réveiller.  Encore au lit, il se demande si on est mercredi ou jeudi.  Tout en mettant le pied au sol, il se souvient tout à coup qu’on est bien jeudi et qu’il doit se rendre vite au restaurant parce qu’il a un rendez-vous avec son professeur d’anglais qui doit lui remettre ses notes suite à son dernier examen.

 

Vite à la salle de bain, la toilette, le rasage.  Il est si pressé qu’il ne s’est pas aperçu qu’il s’est rasé avec la pâte dentifrice, qu’il enfile son chandail à l’envers et ensuite qu’il doit prendre un taxi parce qu’hier, il a oublié de mettre de l’essence dans sa voiture.

 

Depuis trente minutes qu’il est au restaurant et qu’il attend son professeur, il se rend compte soudain que le rendez-vous devait avoir lieu au bureau du professeur qu’il se hâte en vitesse de rejoindre.

 

Ayant reçu sa note et étant assez fier de lui, car il a eu 62%, il décide de prendre une pause et de marcher dans le parc.  Toujours distrait, il ne voit pas qu’on y tourne un long métrage et il se retrouve au beau milieu de la bagarre qui clôture la grande scène du film.

 

Blessé gravement, il finit sa journée aux urgences, cloué au lit, où là au moins, il ne pourra rien lui arriver… mais peut-être pas…

 

Par Audette Lambert

 

Exercice 2:

Durant cette période de confinement, décrire une activité réalisée ou à réaliser, mais toujours remise à plus tard… quand on aura le temps

Ce que je repousse depuis plusieurs mois est de faire le tri dans mes photos.  J’ai six boîtes de photos à classer.  Je sais bien que maintenant, on se sert bien plus de clé USB, mais je pense que ce n’est pas pareil.

 

Le simple fait de tenir dans ses mains une vraie photo me ramène le souvenir du temps et des circonstances où elle a été prise et me fait revivre l’émotion de ce moment-là.

 

C’est pourquoi c’est si difficile de trier ces photos parce que je passe beaucoup de temps sur la même photo et mes pensées vont et viennent en me rappelant ces instants, surtout lorsque je regarde des photos de mes chers disparus, une montagne d’émotions me submergent et il m’est difficile de revenir au moment présent.

 

Alors, quand j’ai regardé une dizaine de photos, je me dis toujours que je continuerai une autre fois et j’arrête cette activité.  Après tout, j’ai de la place pour les mettre ces photos et quand je ne serai plus là, ce sera mes enfants qui hériteront de cette tâche.

 

Ce sera à eux, à leur tour, de s’en occuper.  Moi, j’ai décidé de les laisser dans leurs boîtes.  Fini le tri……..


Jeudi 2020-04-23

Exercice 1:

À partir de la photo dans le fichier joint,  imaginez une histoire ou peut-être un souvenir qui vous rappelle «l’ancien temps». (Merci à Pauline pour la suggestion de cet exercice).

 

 

En regardant cette image, une odeur me revient instantanément, celle des tartes cuites dans le four du poêle à bois.

Que de fois je me suis assise à la table de cuisine et j’ai regardé ma mère faire sa pâtisserie, la plupart du temps des tartes aux dattes, aux raisins, aux fraises ou aux bleuets.  Dans le temps des fêtes, c’étaient les tourtières ou autres pâtés.

Nous ne faisions que regarder et si nous étions sages, ma mère nous donnait la pâte qu’elle enlevait au centre avec un dé à coudre pour faire un trou afin de laisser s’échapper la vapeur durant la cuisson.

Il fallait bien la regarder faire et apprendre avec nos yeux car il n’était pas question de s’exercer soi-même et gaspiller des denrées si dispendieuses.

Ce n’est qu’une fois mariée que j’ai pu vraiment faire mes propres expériences et ce fut mon mari qui a dû goûter mes premiers essais en pâtisserie.  Fallait-il qu’il m’aime!… parce que ce  n’était pas toujours réussi.

 

Exercice 2:

Imaginons qu’on a tous et toutes le même ami qui s’appelle Bertrand Dufour.  C’est aujourd’hui le jour de son anniversaire.  De quoi sera faite sa journée?

 

Mon ami Bernard Dufour célèbre aujourd’hui ses 70 ans.  Pauvre de lui, puisqu’hier, il pouvait encore sortir pour faire ses courses, le voilà aujourd’hui obligé d’être confiné chez lui avec pour seuls amis la télévision, le téléphone et son ordinateur.

 

Lorsque je l’ai appelé ce matin pour lui offrir mes voeux, il m’a semblé un peu démoralisé par tous ces changements dans son quotidien.  Je l’ai immédiatement rassuré en lui expliquant que notre prochaine rencontre aurait lieu lors d’un souper qui réunirait nos amis de longue date et que pour faire passer le temps, il devrait imaginer différents menus qui le tenteraient et dans lequel de nos restaurant préférés, nous irions saluer et fêter la fin de ce confinement.

 

Il me répondit que c’était une bonne idée et qu’il allait s’y atteler tout de suite après mon appel.  Tout en me remerciant, il m’a suggéré de l’appeler à tous les jours pour lui offrir une activité à faire pour agrémenter le vide de ses jours.

 

Puisque c’est mon meilleur ami, je ne peux lui refuser cette demande, mais me voilà prise à fouiller et chercher toutes sortes d’activités à lui offrir pour qu’il garde le moral.

 

Quelquefois, on peut se dire: «AH!, j’aurais donc dû… me taire.»


Jeudi 30 AVRIL 2020

Exercice 1:

 

La même phrase de départ pour tous.  Vous faites un texte sur le thème d’une enquête policière.  La phrase de départ est:  «Dès que j’aperçus mon père dans le hall de l’hôtel………………………

 

Dès que j’aperçus mon père dans le hall de l’hôtel où j’étais venue pour prendre un verre au bar, je compris tout de suite que quelque chose de terrible venait ou était sur le point de se produire.

Mon père s’appelle Fernand Paradis et il est en même temps l’abbé Paradis. Il est ce qu’on peut appeler une «vocation tardive». Il est entré dans les ordres deux ans après le décès de ma mère, par suicide selon les autorités officielles, mais mon père a toujours cru et le croit encore qu’il y avait quelque chose de louche dans cette disparition.

Je m’empressai de me rendre auprès de lui et lui demandai ce qu’il faisait là. Il me raconta une histoire si abracadabrante que l’espace d’un instant, je me demandai s’il n’avait pas perdu la tête.

– Je te l’affirme, Diane. Il se passe des choses étranges dans la chambre 3313 de cet hôtel. Je ne peux t’en révéler plus parce que je suis tenu au secret du confessionnal, mais je tenais à être présent pour pouvoir aider si besoin était.

– Mais papa, si tu ne me dis rien, comment pourrais-je faire ma job de policière si je n’ai rien sur quoi enquêter. Comme tu ne veux rien me dire, je vais de ce pas frapper à cette chambre et je verrai ce qui s’y passe.

– Tu dois faire très attention. En faisant le guet, j’ai vu différentes personnes entrer dans cette chambre et j’ai trouvé étrange qu’elles aient toutes le même regard bizarre et lunatique. Il y en avait même une qui tenait un enfant par la main.

– Papa, est-ce que tu es en train de me dire à mots couverts que ces gens font partie d’une secte et que l’enfant est là pour faire un sacrifice rituel? … Vite, j’appelle du renfort.

 

Exercice 2:

 

Vous devez inventer une nouvelle maladie.  Donnez-lui un nom, des symptômes, à qui elle s’attaque et la façon de la guérir.

 

C’est une maladie étonnante et les symptômes sont très bizarres et très difficiles à reconnaître parce que c’est une maladie sournoise qui ne s’attaque qu’aux personnes ayant eu des vertiges durant leur adolescence et qui ont surmonté ce désagrément, assez même pour ne plus s’en rappeler quelque trente ou quarante ans plus tard.

Le phénomène est le suivant: les gens se mettent tout à coup à tourner sur eux-mêmes sans savoir pourquoi et presque toujours du côté droit. La jambe s’élève et se dépose ensuite sur le sol et ça recommence. Le tout dure environ deux minutes, puis c’est l’arrêt et la personne n’a aucune idée pourquoi elle a fait cette étrange danse.

On appelle ça la maladie de la «patte folle». Est-ce physique, neurologique ou simplement un tic? Beaucoup de médecins et de spécialistes se sont penchés sur le problème et à date, personne n’a encore trouvé l’origine de cette curieuse maladie.

En tout cas, le seul moyen d’en guérir, c’est huit à dix séances d’hypnose suggestive où l’on convainc le sujet qu’il est sain de corps et d’esprit.

Ça coûte un peu cher, mais ça marche !!!

Je l’ai essayé!!!


Jeudi le 7 mai 2020

 

Voici les deux exercices de la semaine:

 

Exercice 1:

 

Quand vous lancez un bébé en l’air, il rit, parce qu’il sait que vous l’attraperez.  C’est ça la CONFIANCE.  Écrivez une histoire ayant pour thème la confiance.

C’EST ÇA LA CONFIANCEUN ENFANT QUI TRAVERSE LA RUESANS PEUR, SANS MÉFIANCE

SAIT QUE LA MAIN  DE SA MÈRE EST LA BIENVENUE

C’EST ÇA LA CONFIANCE

 

UN GAMIN QUI SE BLESSE EN JOUANT

CONTUSION GRAVE OU SANS CONSÉQUENCE

SE TOURNERA VITE VERS SA MAMAN

C’EST ÇA LA CONFIANCE

 

ADOLESCENT QUI VIT SES PREMIÈRES AMOURS

AVEC CHANCE OU MALCHANCE

SAIT QU’À LA MAISON, IL Y AURA TOUJOURS

QUELQU’UN POUR PRENDRE SA DÉFENSE

 

JEUNE ADULTE AU COURS DE SES DÉCOUVERTES

AU TRAVAIL OU EN VACANCES

SAURA DÉJÀ DEPUIS BELLE LURETTE

À QUI IL PEUT FAIRE CONFIANCE

 

LA CONFIANCE SE DÉVELOPPE PETIT À PETIT

PAR LES GESTES QUOTIDIENS

DES PERSONNES AIMANTES ET AMIES

QUI DE NOUS VEULENT PRENDRE SOIN

 

POUR QU’AU SOIR DU DERNIER SOUPIR

LE COEUR EN PAIX DE SON EXISTENCE

ON PUISSE PARTIR AVEC LE SOURIRE

C’EST VRAIMENT ÇA LA CONFIANCE

Exercice 2:

 

Dimanche prochain, ce sera la fête des mères.  Parlez-moi de la vôtre dans un texte qui la mettra en valeur.

 

À TOI MA FILLE POUR LA FÊTE DES MÈRES

 

LORSQU’UN JOUR, À TON TOUR

TU DEVIENDRAS MAMAN

SACHE QUE POUR TOUJOURS

TU AIMERAS TON ENFANT

 

C’EST LE COEUR QUI S’OUVRE EN GRAND

POUR ACCUEILLIR CE BEAU CADEAU

RIEN N’EST PLUS EXTRAORDINAIRE QU’UN ENFANT

QUI REPOSE SOURIANT DANS SON BERCEAU

 

UN COEUR DE MAMAN

UNE FOIS OUVERT NE SE REFERME PLUS

MÊME SI À CERTAINS MOMENTS

DES ÉPREUVES TRAVERSENT SON VÉCU

 

C’EST UN AMOUR INCONDITIONNEL

QUI TOUJOURS GRANDIRA

EN FAIT, IL SERA ÉTERNEL

DÉFIANT LE TEMPS, C’EST UN CONSTAT

 

TOUT AU LONG DE SA VIE

UNE MAMAN SE DÉVOUERA

POUR LES GRANDS ET LES PETITS

ELLE OUVRIRA TOUJOURS LES BRAS

 

JUSQU’À SON DERNIER SOUPIR

ELLE NE PENSERA QU’À SES ENFANTS

ELLE VOUDRA QU’ILS GARDENT D’ELLE LE SOUVENIR

D’UNE MÈRE DOUCE AU COEUR AIMANT

 

 

 

 

LETTRE DE MA MÈRE ROSE-MARIE

LORS DE MA PREMIÈRE GROSSESSE

 


Jeudi le 14 mai 2020

Exercice 1:

Vous devez compléter les 2 phrases suivantes, soit en prose ou en vers selon votre inspiration du moment (thème libre)

«La vie est étrange avec ses détours

Nous l’apprenons tous un jour» …..

 

Exercice 2:

 

Vous avez trouvé une lettre dans votre boîte aux lettres et vous l’avez ouverte.  Mais cette lettre ne vous était pas adressée.  De qui était-elle? Que contient-elle? À qui était-elle adressée?.

Faites une belle histoire de cette lettre.

 

Jeudi 21 mai 2020

Comme d’habitude, à la fin de la saison d’écriture, on se rend au restaurant pour se réunir une dernière fois et papoter ensemble dans un décor moins formel.

 

Vous devez donc imaginer dans quel restaurant on se rendrait, qui serait là, qu’est-ce-que vous mangerez, que vous boirez, quel sera votre dessert, quelle sera l’ambiance, le service, les jeux et que se dira-t-on à la fin du repas.

 

Bon dernier atelier.

 

NOTRE SOUPER DE FIN DE SAISON

 

Voilà que se termine la saison d’écriture 2019-2020.  Imaginons un instant que nous ne sommes pas en temps de pandémie et que ce midi nous nous rendons tous au restaurant du Club de golf Continental, sur le chemin des Patriotes pour se réunir une dernière fois avant les vacances.

Le rendez-vous est pour 11h30.  Il fait très beau, c’est une journée ensoleillée et nous sommes tous là, même les deux personnes qui se sont ajoutées au groupe au cours des ateliers virtuels, soit Carmelle et Odette.  C’est un plaisir de faire leur connaissance.  Cette année, j’ai pu avoir une table ronde ce qui facilitera mieux les échanges entre nous.

En attendant nos plats, on se choisit un vin rouge ou un vin blanc pour trinquer ensemble.  J’ai choisi le saumon farci de crevettes, le tout nappé d’une sauce au citron à faire éclater mes papilles.  On s’échange les commentaires et tout le monde trouve excellent son choix de menu.

Pauline nous dit qu’elle passera beaucoup de temps cet été dans ses plates-bandes.  Elle adore s’occuper des fleurs.  Richard partagera son temps entre son fils et sa douce.  Geneviève continuera à s’occuper de sa chorale.

Christiane nous explique qu’avec son accident,  ses projets d’été seront remis à l’automne.  Cet été, elle s’occupera à guérir son épaule.  Manon avait projeté un voyage en Gaspésie et elle se demande si elle pourra s’y rendre ou si elle devra l’annuler.  Normand attend une confirmation pour l’opération de son autre genou et il espère que ce sera avant l’automne.

Ghyslaine, Raymonde et Monique n’ont pas de projet précis.  Elles ont simplement décidé de profiter de leur été avec la famille et les réunions d’amis.  Quant à Michèle, elle a super hâte de revoir ses petits-enfants, ses amours et de s’en occuper lorsque sa fille ira travailler.

 

Odette et Carmelle ne parlent pas beaucoup.  Je crois qu’elles sont un peu intimidées, puisque c’est la première fois qu’elles rencontrent le groupe en entier.  Mais elles ont aimé se joindre à nous et nous assurent qu’elles seront des nôtres à l’automne.

Yves a l’intention d’écrire cet été.  Il continue l’exercice du conte et cela occupera une bonne partie de son temps qu’il partagera aussi avec des soupers BBQ avec sa famille et ses amis.

Diane, Lucie et Céline ont décidé de se laisser aller au gré de leur fantaisie, parce que, disent-elles, chaque jour nous apporte quelque chose à apprendre pour nous faire grandir et nous améliorer.

Pour ma part, ma chirurgie de la paupière a été réussie.  Il ne reste que quelques bleus et ils disparaîtront bientôt.  Il y a quelques semaines, j’ai acheté un vélo électrique que j’adore et j’en ferai une bonne partie de l’été.

J’avais apporté un cadeau (un recueil ligné avec une couverture de cuir) que je fais tirer entre les participants et c’est Monique l’heureuse gagnante.  Elle me dit qu’elle y inscrira ses meilleurs poèmes ou ses meilleurs textes pour en garder le souvenir.

Ensuite, c’est l’addition, les embrassades et les bons souhaits.

En revenant, seule dans ma voiture, je me dis:  ce fut encore une belle rencontre et j’ai hâte que les activités reprennent au Centre à l’automne pour les revoir et entreprendre une nouvelle saison.

Bon été à tous.



CONTE

 

CONTE DES CENT MOINS UN JOUR

CHAPITRE 1

L’ assemblée politique du sultan Abdullah bin Ali se réunit en urgence et en secret afin de discuter et en venir à une solution en ce qui concerne le problème de Kamel bin Abdoul, l’émir de la ville de Kadesh qui, en apparence, prête allégeance au sultan, mais dont les espions du sultan lui assurent qu’en secret, il cherche à lui nuire.

Sous des arômes vaporeuses aux menthes parfumées, la discussion s’amorce et chacun donne son idée sans savoir que Fatma, la première épouse du sultan, est dissimulée derrière un paravent ajouré et elle écoute avec grand intérêt tout en dégustant les dattes farcies préparées par sa servante.

Le grand vizir Rachid Chourba qu’on pourrait qualifier de conseiller principal du sultan amorce la discussion comme suit:

– N’oublions pas, sultan bin Ali, que si nous laissons la situation se détériorer sans rien faire, Kamel Abdoul pour avoir envie de nous faire la guerre.

Le général en chef Muhammad al-Din lui répondit aussitôt:

– Nous n’avons pas peur de lui.  Son armée est très réduite et nous pouvons faire face à une attaque sans problème.

Karim, le fils du sultan s’exprima en disant:

– Il faudrait trouver un moyen de s’entendre sans exacerber les tensions qui pourraient amener à faire la guerre.

Le sultan réfléchit aux propos échangés et se tourna enfin vers Ben Gour, et lui demanda comment il réagirait à cela.

Le sage, le doigt posé sur sa tempe déclara:

– La meilleure façon d’éviter la guerre serait de demander la main de la fille de l’émir.  Ceci permettrait de relier les deux familles et tuerait dans l’oeuf les envies de rébellion.

 


L’exercice de cette semaine est de choisir deux personnages dans la liste des personnages et de décrire leur apparence physique (taille, allure générale, cheveux, etc.), leur caractère (leur manière d’être, qualités, défauts, etc.)

 

NABILA

Nabila est une femme menue, intelligente et perspicace. Elle est habile de ses mains et réfléchie, ce qui fait qu’elle dégage une grâce infinie. Ses yeux noisette et ses longs cheveux noirs lustrés font l’envie de beaucoup de jeunes filles. Elle a un caractère bien trempé qu’elle dissimule assez bien dans une attitude humble et simple, ce qui, indéniablement, lui confère son charme envoûtant.

Depuis trois ans déjà, Nabila, âgée de vingt-deux ans, est la seconde épouse du sultan Bin Ali. Celui-ci en est tombé amoureux aussitôt qu’il l’eût aperçue et il désira se l’approprier pour l’ajouter à son harem.

Les négociations avec la famille de Nabila furent ardues, premièrement parce que son père ne voulait pas perdre sa fille et de plus, Nabila n’aimait pas le sultan et en son for intérieur, elle aurait voulu que l’amour précède son mariage.

Mais le sultan, obstiné en toutes choses, sut convaincre le père de Nabila de lui offrir sa fille en lui proposant de devenir son premier chef-cuisinier lors des fêtes entourant son mariage ainsi que pour toutes les autres grandes occasions de réjouissances.

Nabila, jeune fille très indépendante, essaya de négocier avec son père. Elle pleura toutes les larmes de son corps, mais elle ne put que se résoudre à obtempérer aux ordres de son père parce que c’était cela, suivre les traditions de sa famille, la voix du père faisant force de loi.

 

KAMEL BIN ABDOUL

Kamel bin Abdoul avait redoublé d’efforts au cours de sa vie pour atteindre enfin le contrôle de l’émirat de Kadesh.
Né de parents paysans il y avait maintenant 50 ans dans un petit village à quelque vingt kilomètres de la capitale, Kamel se félicitait de sa grande stature qu’il devait à sa taille d’un mètre quatre-vingt-dix et à sa forte robustesse maintes fois prouvée au cours des jeux d’adresse annuels lors de la fête de Yennayer (comparable à notre jour de l’an).
Kamel se distinguait par ses joues rondes, son nez droit, ses paupières tombantes ainsi que par son menton carré comme assis sur le coussin de graisse qui lui servait de cou, seul défaut de son anatomie, à part la petite cicatrice qu’il avait sous l’oeil gauche et qui représentait le prix payé lors de la prise de l’émirat de Kadesh.
Mais, derrière ce visage qu’encadrait un collier de barbe noire, se cachait une intelligence hors du commun avec une perception minutieuse des effets à court et à long terme de ses actions et de celles de ses ennemis.
À lui seul, il était un jeu d’échecs complet et il ne désirait qu’augmenter sa puissance.

 


CHAPITRE 2

 

LA SULTANE FATMA

 

Par Allah, comme j’ai bien fait de venir espionner ce conseil.  Je savais qu’on y discuterait de choses essentielles pour notre royaume.

 

J’ai reconnu tout de suite la vilénie de ce grand Vizir.  Il était tout près d’offrir une quatrième épouse au sultan.  Il sait que cela engendrera un désaccord entre nous.  Je ne dois pas l’oublier celui-là et je trouverai bien un moyen de me venger de ce traître qui ne désire que mettre la bisbille pour obtenir du sultan plus d’autorité.

 

Après la fin du conseil, je me hâte de rejoindre mes appartements car je sais instinctivement que le sultan viendra me rejoindre pour profiter de mes impressions et suggestions avisées pour la suite des choses.

 

Lorsqu’il arrive, je suis étendue langoureusement sur des coussins et déguste quelques briouats au fromage et j’ai fait préparé le plat favori du sultan, soit un chakchouka à l’oeuf accompagné de triangles de brick farcis aux aubergines.

 

Tout en le laissant se sustenter, je l’interroge:

 

– Alors, mon ami, comment s’est déroulé cette séance du conseil? lui demandai-je un peu hypocritement avec un sourire en coin.

 

– Ma chère, je n’ai rien de plus à te dire que ce que tu as déjà entendu, cachée que tu étais derrière le moucharabieh, lui répond-t-il d’une voix badine.

 

– Si j’ai bien compris, tu n’aurais pas été contre le fait d’épouser la fille de l’émir de Kadesh suite à la proposition du grand Vizir?

 

 

– Mais non, qu’est-ce que tu vas inventer là?  Je n’ai aucunement envie d’une autre épouse et encore moins de Soroya, reconnue pour son indépendance et son entêtement.  J’aime mieux que ce soit Karim qui s’en charge, lui qui est jeune et vigoureux et j’espère qu’il saura dompter ce volcan ambulant qu’est la fille de l’émir.

 

– J’en suis bien aise.  Mais ne crois-tu pas que le grand Vizir ne t’a fait cette proposition que pour provoquer une dispute entre nous?  Penses-tu qu’il pourrait avoir des intentions cachées?

 

– Que veux-tu dire par là, chère amie? me demande-t-il, intrigué.  Tu sais que me fie énormément à tes intuitions, car tu sais analyser les gens.  Rappelle-toi quand tu m’as sauvé la vie lorsque un des serviteurs a voulu me servir une soupe empoisonnée.  Tu as réagi très vivement en ne te fiant que sur l’air sinistre de ce serviteur et je t’en remercie encore une fois.

 

– Je ne peux rien te dire de tangible pour le moment à propos de lui, mais je le garde à l’oeil, ne t’en fais pas.  Le travail d’une première épouse est de tout faire pour que son homme soit le plus heureux et en paix possible.  À ce sujet, que dirais-tu d’une petite séance de massage et de relaxation?

 

– Ma chère, je n’attendais que cela………

 


Chapitre 3

Le Général Al-Din arrive à Kadesh.

– Décrivez son arrivée et sa réception par l”Émir Kamel bin Abdoul

– Ce dernier lit la lettre demandant la main de Soraya pour Karim, le fils du sultan.

Écrivez cette lettre.

– Quelle est la réaction de l’Émir devant cette demande: ce qu’il en pense vraiment et ce qu’il dit à l’ambassadeur.

 

CHAPITRE 3 (LE VOYAGE ET +)

 

Après quatre jours de préparation intensive, la grande Méharée (traversée du désert en caravane) a pu débuter.  Il faut dire que le fait que la sultane Fatma soit du voyage demandait beaucoup plus de chameaux, de malles pour ses nombreux costumes, de nourriture, de tentes pour son confort et pour celui de ses servantes.

 

De plus, il fallait faire avec ses caprices: s’arrêter plus longtemps à l’oued de Trishka qu’elle trouvait extraordinaire, lui commander des dattes spéciales au passage du village de Simbak, monter sa tente d’une façon spéciale le soir venu pour qu’elle puisse se reposer comme au palais.

 

Sans incident notable et sans aucune attaque de brigands, le voyage dura sept jours à travers le désert et le général Al-Din étant plutôt un homme d’action et moins enclin aux minauderies des femmes, fut bien content d’arriver enfin à Kadesh et de pouvoir se reposer étant donné que ce ne serait pas lui qui se présenterait devant l’émir Kamel.

 

Lorsqu’on lui annonça que le représentant du sultan bin Ali était arrivé, l’émir se rendit en hâte dans la grande salle, car il était impatient de connaître les raisons d’un tel voyage.

 

Quelle ne fut pas sa surprise quand il aperçut Fatma. Son coeur ne fit qu’un bond et le souvenir d’un ancien amour revint le hanter.  Il s’assura que personne ne pouvait l’entendre et il lui dit:

 

– Chère Fatma, je ne m’attendais pas à te voir ici.  Depuis le jour de ton mariage, je me suis efforcé de ne plus penser à toi, mais te revoir aujourd’hui me ramène une crainte et un espoir.

 

 

– Il ne faut pas Kamel. Tu sais bien que même si dans mon coeur, tu as une place très spéciale, je me dois de suivre les traditions.   Même si je suis très heureuse de te voir, je suis ici pour te faire une proposition qui ne peut qu’être bénéfique pour nos deux royaumes.

 

– Tu m’intrigues. Dis-moi vite ce que c’est.

 

– Voici la lettre que mon mari le sultan Bin Ali t’envoie et je l’ai expressément prié d’en être la porteuse afin de te la remettre en main propre et aussi de te voir au bout de vingt ans.

 

Curieux, l’émir prit la lettre et déclara: — Voyons ce que dit ton mari:

 

«Cher émir Kamel bin Abdoul,

J’espère que cette missive vous trouvera en pleine forme et que votre santé est excellente ainsi que celle de tous les gens de votre suite.

 

Il me fait plaisir de vous faire la proposition suivante: mon fils Karim étant en âge de se marier, vous me feriez un très grand honneur en acceptant de lui donner la main de votre fille Soroya.  Nous pourrions faire un très grand mariage et pour qu’elle se sente moins seule à Al-Ksandra, je vous invite à nous envoyer son frère Djamil qui deviendrait l’écuyer du prince Karim.

 

Je n’ai pas besoin de vous rappeler, cher émir, que l’union de nos deux maisons ne peut que nous rendre plus forts contre nos ennemis qui hésiteront de ce fait à nous attaquer.

 

Je vous ai envoyé ma meilleure ambassadrice dans le but de vous convaincre et vous m’obligeriez grandement en me donnant une réponse affirmative.

 

Par Allah, au plaisir de vous revoir!

 

Sultan Abdullah bin Ali

 

Au fond de lui, l’émir est très heureux de cette offre, mais il ne veut pas le montrer, premièrement pour ne pas accepter trop vite, deuxièmement, parce qu’il ne sait pas exactement quelle sera la réaction de sa fille à cette demande et surtout, égoïstement, parce qu’il désire garder près de lui cette chère Fatma le plus longtemps possible et ainsi profiter de sa présence.

 

 

C’est pourquoi, il lui répond:

 

– Eh Bien! C’est une offre qui demande à être étudiée en détails.  Je pense que je vais réserver ma réponse quelques temps et nous pourrons voir ensemble les avantages et inconvénients d’une telle proposition.

 

– Et puis, tu dois être fatiguée après ce long voyage.  Je demande tout de suite à mes serviteurs de te conduire aux appartements qui seront tiens tout le temps de ton séjour.  Nous nous reverrons ce soir au souper que je vais organiser pour souligner ta visite.  Tu pourras ainsi faire la connaissance de mes deux épouses, ainsi que de Soroya et de Karim.

 

Fatma, comprenant qu’elle passerait quelque temps avec son ancien amour, est toute fière de lui répondre:

 

– Tu as raison, c’est une bonne idée.  Alors, à plus tard.

 


Le canevas pour le chapitre 4 est le suivant :

–Durant le festin, l’Émir de Kadesh présente Soraya aux ambassadeurs.

-Al-Din est subjugué par Soraya, en devient amoureux

-Fatma chante une chanson qui parle d’un amour perdu.

-Quels sont les plans futurs de l’Émir?

 

Les textes sont dus pour le 14 juin.

Bien entendu, tous peuvent participer à cet exercice.

Bonne écriture!

Yves Dion


CHAPITRE 4: UNE SOIRÉE AU PALAIS DE L’ÉMIR

 

Une fois retirée dans les appartements qui lui étaient réservés, la sultane Fatma prit un moment pour se reposer et examiner les richesses de son entourage.  L’émir n’avait pas lésiné sur la décoration de cette magnifique chambre dans laquelle on retrouvait une petite alcôve qui contenait un superbe lit à baldaquin garni de multiples coussins et entouré de voiles colorées.

Les murs étaient richement ornés de grandes tapisseries animales ou florales ce qui rendait l’endroit très accueillant.

Pour savourer ce moment de détente, Fatma s’étendit sur la méridienne mise à sa disposition, dégusta des biscuits aux dattes accompagnés d’un thé très épicé qu’elle adora.

Elle prit ensuite le temps de revêtir sa plus belle robe de soirée, un caftan de couleur rouge orné de perles qui mettait sa beauté en valeur et dans laquelle elle se trouvait attirante et féminine.  Elle voulait éblouir l’émir Kamel.

De son côté, l’émir, une fois dans sa suite personnelle, était songeur.  Le fait de revoir Fatma avait automatiquement ravivé l’amour qu’il avait pour elle et il n’avait de cesse de pouvoir lui exprimer la flamme qui faisait battre son coeur.

Cependant, en homme sage et stratégique qu’il était, il se devait de réfléchir aux conséquences de sa réponse au sultan: un kidnapping? une déclaration de guerre? ou simplement garder les ambassadeurs en otage et attendre la réaction du sultan?  Il devrait vraiment discuter de ces options avec ses conseillers pour pouvoir statuer sur l’exécution du plan final.

Mais, ce dont il était sûr, c’est qu’il ne voulait plus se séparer de Fatma, l’amour de sa vie, une fois qu’il l’avait dans ses murs.  Il devait se concentrer sur une façon de pouvoir la garder près de lui.

Mais, pour le moment, il devait faire honneur à ses invités.  Il fit venir sa fille Soroya et lui ordonna de mettre ses plus beaux atours en vue de la soirée à venir au cours de laquelle il lui présenterait Karim, l’homme qui deviendrait son futur mari.  Elle n’en fut pas très enchantée, mais elle devait obéir à son père.

Lorsque son fils Karim vint la chercher pour l’accompagner à la soirée, Fatma le trouva très beau dans ses riches habits et lui dit que la fille de l’émir, aussitôt qu’elle le verrait, ne  pourrait qu’en tomber amoureuse, ce qui lui fit très plaisir.

La salle de réception était immense.  On y retrouvait une table d’honneur pour l’émir, sa fille et son fils d’un côté et l’autre côté était prévu pour la sultane, son fils ainsi que le général Al-Din.

À leur arrivée, tous les autres convives étaient déjà présents et ils se levèrent pour leur souhaiter la bienvenue et les applaudir. Les présentations officielles furent faites dans une certaine réserve, parce qu’il était impoli de manifester trop d’émotions en public.

On y dégusta les mets les plus précieux.  Le chef et les gens en cuisine s’étaient surpassés.  Le vin coulait à flots. La sultane, assise à côté de l’émir, le remercia de son accueil et le félicita pour la magnificence de son palais.

Lorsqu’il vit Soroya, le général Al-Din fut subjugué par sa beauté naturelle et son port de tête et il en devint amoureux sur le champ.  Toute la soirée, il ne pensa qu’à elle et imagina mille façons de la rencontrer seul à seule et de lui faire la cour.

Karim, quant à lui, ne fut pas très ébloui par Soroya, mais fin stratège comme son père, il se plia à la conversation et se dit que finalement, elle avait l’air intelligente et ne lui ferait pas trop honte lors de cérémonies futures.  L’épouser lui sembla moins pénible.

Au cours des divertissements de la soirée, Fatma demanda à l’émir la permission de chanter une chanson, ce qu’il lui accorda sans hésitation.

Elle se leva, commença à se mouvoir habilement comme si elle allait se mettre à danser et tout en s’accompagnant d’un oud (guitare arabe), elle débuta son poème chanté comme suit:

Ô qu’il est doux cet ancien amour

Qui rapproche maintenant  deux coeurs

Qu’il puisse durer pour toujours

Et apporter ainsi le bonheur

 

Refrain:     Ah! que l’amour est bon

Quand il est partagé

Que j’aime répéter ton nom

Synonyme de félicité

Malgré les obstacles survenus

Ils se sont enfin retrouvés

Et suite au chemin parcouru

Ils ne veulent plus s’éloigner

 

Refrain:     Ah! que l’amour est bon

Quand il est partagé

Que j’aime répéter ton nom

Synonyme de félicité

 

On l’applaudit fortement, elle fit une révérence et rejoignit sa place près de l’émir.  Celui-ci sentit bien que cette chanson parlait d’eux et il avait hâte de la rejoindre dans ses appartements à la fin de cette soirée.

 

Fatma fut tellement heureuse de le recevoir dans l’intimité de sa chambre.  Il put enfin lui parler librement.

 

– Ah! ma chérie, je bénis le jour où tu m’es apparue.  Je pensais ne jamais te revoir.

 

– Moi non plus, cher Kamel.  Je m’étais fait une raison suite à mon mariage arrangé, mais mon amour pour toi n’a jamais faibli, même après avoir donné deux fils à mon époux.

 

– Ma douce! Est-il étonnant que je désire celle qui a investi mon coeur depuis si longtemps?

 

– Tu sais bien que je ressens la même chose que toi.  Viens Kamel, oublions tout et débutons notre nuit d’amour.

 

Les premiers baisers furent un peu hésitants et maladroits, mais à mesure que le désir montait entre eux, la gêne s’envola ainsi que les vêtements qu’ils se dépêchèrent d’enlever.  Les mains de Kamel prodiguaient des caresses, leurs yeux parlaient d’amour infini et les deux tourtereaux vécurent une nuit d’amour remplie de tendres étreintes et de folle passion.

 

Fatma n’avait jamais vécu une telle sensualité.  Elle n’en admira que plus Kamel.  Ses mots, ses gestes, sa façon de bouger, tout cela contribuait à la faire monter au septième ciel à plusieurs reprises.  Elle en fut comblée et enchantée.

 

Pour sa part, Kamel, une fois revenu dans ses appartements, se faisant la réflexion suivante: je repense à ces câlins, ces caresses, ces frissons.  J’ai encore envie d’elle, de la retrouver dans mes bras et d’explorer encore et encore toutes les parties de son corps.  Par Allah! que j’ai hâte à la nuit prochaine!


Le prochain chapitre est :

– Nuit(s) d’amour (entre Kamel et Fatma)

C’est le moment de vous laisser aller à un érotisme décomplexé…

La date de tombée pour vos textes est le dimanche 28 juin.

Yves Dion

CHAPITRE 5: NUIT D’AMOUR

 

Fatma, heureuse de sa prestation devant l’assemblée, se retira ensuite dans ses appartements.  Elle avait bien vu le regard de l’émir Kamel et avait compris qu’il ressentait le même amour qu’elle et lorsque un peu plus tard, il se présenta à sa porte, elle fut bien contente de le recevoir dans l’intimité de sa chambre.

 

Il put enfin lui parler librement:

– Ah! ma chérie, je bénis le jour où tu m’es apparue.  Ce soir, tu m’as ébloui par ta chanson et ta beauté. Je pensais ne jamais te revoir.

 

– Moi non plus, cher Kamel.  Je m’étais fait une raison suite à mon mariage arrangé, mais mon amour pour toi n’a jamais faibli, même après avoir donné deux fils à mon époux.

 

– Ma douce!  Est-il étonnant que je désire tellement celle qui a investi mon coeur depuis si longtemps?

 

– Tu sais bien que je ressens la même chose de mon côté même si c’est interdit. Il m’a fallu si longtemps pour te revoir, je ne veux pas manquer une minute de ta présence.  Mon amour pour toi est plus fort que tout.  Viens Kamel, prends-moi dans tes bras et faisons de cette nuit la plus belle de toutes.

 

Ils s’enlacèrent tendrement, mais les premiers baisers furent un peu hésitants et maladroits.  Peu à peu, la gêne des premiers instants s’envola ainsi que les vêtements qui s’éparpillèrent aux quatre coins de la pièce.

 

– Douce Fatma, ton corps est magnifique, tes courbes m’excitent au plus haut point. 

 

– Il en est de même pour moi.  Je ne peux croire que je sois dans tes bras.  Si le bonheur existe, c’est ici qu’il était caché.

 

Les mains de Fatma caressèrent tout doucement le corps de Kamel et s’arrêtèrent sur son sexe qui devint bien dur.  Déjà énormément excitée, Fatma le prit dans sa bouche et commença des va-et-vient en douceur avec sa langue.  Kamel ne put résister plus longtemps et l’inonda de sa semence.

 

Mais bientôt, alors qu’il reprenait de la vigueur, il lui souffla à l’oreille:

– Fatma, tu fais de moi le plus heureux des hommes.  Que de fois j’ai rêvé de ce moment et voilà que cela dépasse mes rêves les plus fous.

 

-Mon amour, dans tes bras, je me sens belle et désirée, ce qui ne m’était pas arrivée depuis bien longtemps.

 

Les baisers profonds et les caresses mutuelles les amenèrent bien vite tous les deux à l’extase suprême.

 

Fatma n’avait jamais vécu une telle sensualité. Elle n’en admira que plus Kamel.  Ses mots, ses gestes, sa façon de bouger, tout cela contribua à la faire monter au septième ciel à plusieurs reprises.

 

Un peu avant l’aube, quand Kamel, heureux comme jamais, regagna sa chambre à l’autre bout du palais, il se fit la réflexion suivante:  je repense à nos caresses, à ces frissons partagés et j’ai encore envie d’elle, de la retrouver dans mes bras et d’explorer encore et encore toutes les parties de son corps.

 

Par Allah! Que j’ai hâte à la nuit prochaine!

 

Par Audette Lambert


CHAPITRE 5:  LE GÉNÉRAL AL-DIN 

  

Bien que cela fit plus d’une heure que le général Al-Din venait de regagner sa chambre, il ne pouvait dormir encore.  Il n’était pas installé dans le quartier des serviteurs, mais tout près, comme si l’émir Kamel, en le logeant à cet endroit, avait voulu mettre le plus d’espace possible entre lui et la sultane Fatma. 

Malgré cela, il est bien heureux d’être à l’abri des regards parce qu’il peut se remémorer à loisir le souvenir de cette soirée où il a rencontré la plus belle femme qu’il lui ait été donné de voir.  Il remercie Allah pour avoir créé une telle grâce.  Pourtant de petite taille, elle lui apparut très grande et très féminine dans sa robe de soirée toute bordée d’or et de perles.  Il la trouva très élégante et raffinée, jusque dans sa chevelure, remontée au-dessus de la tête et couronnée de peignes d’argent. Tout à ses fantasmes, il en oublie la mission que lui a confiée le sultan Bin-Ali, à savoir d’évaluer les forces guerrières de l’émir.  Il s’endort enfin comme un bienheureux déjà en amour. 

Cependant, au lever du jour, il a l’esprit plus clair et après son déjeuner, il décide de se promener aux alentours pour en apprendre un peu plus sur le fonctionnement de l’armée de l’émir et pour connaître la force de ses troupes. 

Il se dirige nonchalamment vers la casbah (partie de la citadelle où séjournent les officiers et les soldats).  Il aimerait bien voir aussi le dépôt des munitions ainsi que le nombre d’armes mises à la disposition des militaires.  Mais, à l’entrée il se heurte à Djamil, le fils de l’émir, qui lui en refuse l’accès prétextant que si son père est d’accord, il lui fera lui-même visiter cette casbah. 

Pour ne pas trop l’indisposer, Djamil lui offre de venir avec lui voir les performances des aspirants-archers qui veulent perfectionner leur art. 

Tout en les regardant s’entraîner, le général discute avec Djamil des pour et des contre de telle ou telle courbure de l’arc ainsi que des différentes sortes de bois pour le fabriquer. 

Au final, le général sait bien que l’arc est un équipement aussi bien utilisé pour la chasse que pour la guerre, mais il ne peut s’empêcher d’exprimer son opinion: 

– Ah! jeune homme, l’arc est une bien belle arme pour l’archer qui le manie, mais je pense que la valeur d’un homme se mesure lors d’un combat au corps à corps. 

Djamil, un peu surpris de cette remarque et ne voulant pas insulter cet invité, acquiesce faiblement et s’empresse de changer le sujet de la conversation tout en ramenant le général vers une partie plus neutre de la citadelle.  Le général, n’étant pas dupe de la façon d’agir de Djamil, lui demande de lui montrer le chemin des écuries parce qu’il veut voir l’état de son cheval qui, lui semblait-il, boîtait un peu lors de leur arrivée. 

Le bâtiment abritant les écuries est très vaste et plusieurs stalles sont installées côte à côte des deux côtés de la bâtisse.  Al-Din est impressionné par la propreté des lieux et tout en se dirigeant vers la place de son cheval, il enregistre le nombre de chevaux et de chameaux dont dispose l’émir. 

Tout en flattant la crinière de son cheval, Al-Din s’adresse à lui: 

– Alors, mon beau Zarib.  Comment va ta jambe aujourd’hui? Hier, il m’a semblé que tu boîtais un peu.  Regardons cela de plus près.  C’est très bien.  Ce n’était probablement qu’une écorchure. Je vois que tout est normal.  Je suis content que tu sois en pleine forme et j’aurais été très malheureux que tu te sois blessé.  Je n’aime pas qu’un animal souffre. 

Occupée à brosser sa jument dans une stalle voisine, Soroya, la fille de l’émir, entend le général parler doucement à son cheval et elle aime la délicatesse de ses propos.  Elle décide de se montrer et elle engage la conversation avec le général. 

– Général, comment allez-vous ce matin?  Je suis heureuse de voir que vous aimez les chevaux et que vous êtes soucieux de leur confort.  J’étais venue seller ma jument Naria et je m’apprêtais à aller faire une promenade jusqu’à l’oued voisin.  Aimeriez-vous m’accompagner? 

Le général, tout heureux de cette demande, lui répondit aussitôt: 

– Rien ne me ferait plus plaisir, jeune demoiselle. 

Ils partirent donc ensemble et parlèrent tout en chevauchant leur monture. 

– Je fais seule cette promenade à tous les jours et à chaque fois, je m’aventure un peu plus loin et ce , malgré l’avis de mon père. 

– Je vous trouve bien aventureuse et indépendante pour ainsi transgresser les conseils paternels.  Une attaque est toujours possible.  Il y a des bandits dans ce désert, il est dangereux de s’y aventurer seule.  Mais aujourd’hui, je vous accompagne.  Vous ne craignez rien.  Je suis un brave guerrier et nul ne vous fera de mal. 

– Merci de votre sollicitude.  Une petite course vous plairait?  Le premier arrivé à l’oued devra desseller les chevaux de retour aux écuries.  En riant, elle mit au galop son cheval devançant le général qui éperonna vite son cheval pour essayer de la rattraper. 

Bien sûr, il la laissa gagner la course, heureux de voir son sourire de triomphe.  Ils se reposèrent et se rafraîchirent, assis autour de la source d’eau.  Soroya, qui aimait sa carrure et sa force, lui demanda gentiment: 

– Mais, dites-moi général, combien de femmes attendent votre retour à Al–Khandra? 

– Aucune malheureusement.  Ma première femme est morte il y a trois ans, terrassée par un mal inconnu et depuis personne n’a su faire battre mon coeur jusqu’à hier soir lorsque je vous ai aperçue telle une apparition magique venue réchauffer mon coeur. 

– Que voilà de belle paroles, général lui répondit-elle, gênée de l’audace de ses propos. 

– Elles sont sincères, croyez-moi.  Je n’ai pas l’habitude de m’exprimer ainsi, mais ce que je ressens ne peut être tenu secret car cela ferait éclater mon coeur.   Profitons de mon séjour ici pour approfondir cette amitié naissante qui je l’espère pourra évoluer au fil du temps. 

Émue et troublée par cette déclaration, Soroya lui répondit: 

–  Vous ne m’êtes pas indifférent non plus, général.  Mais comme vous le dites si bien, laissons le temps suivre son cours.  Venez,   il faut rentrer maintenant et n’oubliez pas, vous avez perdu.  Une tâche vous attend à notre retour à l’écurie, lui dit-elle en riant. 


 

CHAPITRE 7:  2E NUIT D’AMOUR ET PLAN SECRET

 

Jour 24:

 

Cette deuxième journée au palais de l’émir est très épuisante pour la sultane Fatma, surtout après sa nuit d’amour effrénée.  On lui fait visiter toutes les pièces du palais, de la salle de bal jusqu’aux cuisines, en passant par les chambres du harem et le salon des femmes. Elle se rend même sur la grande mezzanine où elle peut admirer une bonne partie des terres de son amant.

Le soir venu, elle se retire dans sa chambre et s’installe sur le l’immense lit doux et moelleux mis à sa disposition.  Elle se remémore la nuit passée et tout à coup, Kamel se matérialise devant ses yeux.

– Kamel, tu es venu.  Je suis contente de te voir dans l’intimité de cette pièce. Quelle bonne idée tu as eue lorsque tu as fait installer cette porte secrète.

– Oui, ma chérie et je dois te dire que je ne m’en priverai pas durant tout le temps de ton séjour chez moi.  Cette pièce restera toujours pour moi le berceau de notre amour retrouvé et partagé.

– Oh! mon amour, je voudrais que cette semaine ne finisse jamais tant je suis bien avec toi.

– Ne t’en fais pas, amour de ma vie.  J’ai concocté un plan fantastique qui fera que nous pourrons rester ensemble pour toujours.  Je t’en parlerai un peu plus tard, mais pour le moment, je ne veux pas perdre un seul instant de ta présence.  Je t’aime, ma douce adorée comme je n’ai jamais aimé.

Les deux amants s’embrassent à n’en plus finir et bientôt le lit décoré de soie accueille les démonstrations de leur amour qui se poursuivent tout au long de la nuit.

 

Jour 25:

Après les ablutions du matin et le petit déjeuner composé de fruits frais servis sur un plateau d’argent, l’émir Kamel appelle un serviteur et fait demander sa fille Soroya dans les plus brefs délais.

Inquiète, Soroya s’empresse d’optempérer et se rend en vitesse dans le bureau de l’émir.

– Me voilà Père.  Ton appel était urgent.  Qu’y-a-t’il?  Serais-tu malade?

– Non, ma fille, rien de tout cela.  Mais on me rapporte une chose qui me dérange beaucoup.  Est-il vrai que tu as fait une promenade avec le général Al-Din et que vous étiez seuls?

– Oui, c’est vrai Père.  Mais nous devions rejoindre Farid et Djamil à l’oued voisin, mais nous ne les avons pas rencontrés.  Ils ont sûrement pris un autre chemin.  Je ne pouvais pas tout de suite revenir.

– Tu sais bien que ce n’est pas convenable de faire des choses pareilles.  Que penseront de toi le reste des ambassadeurs s’ils ont vent de cette aventure?  Il faut vraiment que tu sois exempte de toute calomnie, car j’ai l’intention d’accepter la proposition du sultan et tu deviennes l’épouse de son fils Karim.  Il va sans dire que la conduite de la future sultane d’Al-Khandra doit être irréprochable en toutes choses.  Est-ce que je me fais bien comprendre, ma fille?

Soroya sourit timidement et essaye de minauder pour amadouer son père.

– Mais bien sûr.  Je sais bien que je n’ai pas le choix et je me conforme à ta volonté.  Mais ne me réprimande pas.  J’ai agi en bonne hôtesse.  Je ne pouvais pas offenser cet invité de marque et tu sais combien j’aime faire mes randonnées à cheval.

 

– Cela passera pour cette fois.  Espérons seulement que personne n’avertira les ambassadeurs.  Mais, je t’interdis formellement de te retrouver toute seule en présence du général Al-Din.  S’il fallait qu’il raconte cette aventure au sultan, je n’ose pas y penser.

– Ne t’en fais pas père chéri.  Je sais où est mon devoir.  Puis-je me retirer maintenant?

– Oui, ma fille.  Va voir les couturières pour choisir tes tenues de voyage et ta robe de mariée car tu repars avec la caravane de retour d’ici une semaine.

Soroya sort du bureau de son père.  Elle est résignée à suivre les directives de son père même si elle a trouvé très captivante sa chevauchée avec le général ainsi que les propos échangés avec lui.

Après cette rencontre avec sa fille, l’émir Kamel convoque le général Al-Din pour lui annoncer sa décision.

Le général se présente à l’émir et salue aussi les conseillers présents.

– Cher général, je vous fait mander pour vous annoncer que j’accepte la proposition du sultan d’Al-Khandra.  Ce sera un honneur pour moi d’offrir ma fille en mariage au fils du sultan.  Elle est présentement occupée à la préparation de ses bagages et de ses tenues de cérémonie, mai je pense qu’elle sera prête d’ici la fin de la semaine et la caravane de retour pourra alors se mettre en marche.

Il lui tend un parchemin et lui dit:

– Voici une lettre qui confirme le tout.

Tout en saisissant la missive, le général Al-Din s’empressa de répondre:

– Bien.  Je suis sûr que le sultan sera heureux de cette réponse.  Je vais de ce pas lui faire parvenir votre acceptation par le plus rapide de mes messagers.  Il aura ainsi un peu de temps devant lui pour accueillir votre fille comme il se doit.

– Parfait, alors.  Vous pouvez vous retirer, général.

Puisqu’il ne veut pas montrer ouvertement son mécontentement à l’annonce de cette nouvelle, le général sort aussitôt des appartements de l’émir.  Il est un peu frustré car il avait espéré que l’émir aurait montré plus de résistance à l’offre du sultan tout en sachant bien qu’il n’a aucune chance auprès de Soroya. Il est déjà résigné à enfouir au plus profond de son âme l’amour naissant qu’il ressent pour elle.

 


 

 

CHAPITRE 8:  LA RÉPONSE DE L’ÉMIR

 

Suite du Jour 25:

Après la conversation avec sa fille, l’émir, entouré de son conseil, appelle un serviteur pour convoquer le général Al-Din.
Celui-ci se présente à l’émir et salue aussi les conseillers présents.
– Cher général, je vous fait mander pour vous annoncer que j’accepte la proposition du sultan Bin Ali d’Al-Khandra.  Ce sera un honneur pour moi d’offrir ma fille en mariage à Karim, son fils.  Elle est présentement occupée à la préparation de ses bagages et de ses tenues de cérémonie, mais je pense qu’elle sera prête d’ici la fin de la semaine et la caravane de retour pourra alors se mettre en marche.
Il lui tend un parchemin et lui dit:
– Voici une copie de la lettre officielle qui confirme le tout.
Tout en saisissant maladroitement la missive, le général Al-Din s’empressa de répondre:
– Bien.  Je suis sûr que le sultan sera heureux de cette réponse.  Je vais de ce pas lui faire parvenir votre acceptation par le plus rapide de mes messagers.  Il aura ainsi un peu de temps devant lui pour accueillir votre fille comme il se doit.
– Vous m’avez mal compris, général.  Je viens de vous dire que je vous montrais une COPIE de ma réponse.  Alors, si vous permettez et afin que le message se rende au plus tôt, je préfère me servir de mon pigeon biset MIKAR.  Il a prouvé à maintes reprises la vitesse de ses vols et ainsi le sultan recevra ma réponse dans les plus brefs délais.
– Parfait, alors.  Permettez-moi de me retirer et d’aller entreprendre les préparatifs du voyage de retour, répondit le général.
Puisqu’il ne veut pas montrer ouvertement son mécontentement à l’annonce de cette nouvelle, le général sort aussitôt des appartements de l’émir.  Il est un peu frustré car il avait espéré que l’émir aurait montré plus de résistance à l’offre du sultan tout en sachant bien qu’il n’a aucune chance auprès de Soroya. Il est déjà résigné à enfouir au plus profond de son âme l’amour naissant qu’il ressent pour elle.
Pourtant, il trouve un peu étrange la façon dont la réponse parviendra au sultanat d’Al-Khandra, mais il sait bien que les pigeons sont des messagers très rapides et que là-bas, le responsable du pigeonnier remettra en mains propres au sultan la réponse de l’émir.  Et puis, il n’y pense plus car il a fort à faire avec la préparation de la caravane pour le voyage de retour.
Une fois le général sorti, l’émir rédige un autre document destiné au «RENARD», son espion à Al-Khandra depuis quelques années. Il utilisera son autre pigeon KARMI qui est très habitué à ces vols aller-retour entre les deux royaumes.
******
Vers la fin de l’après-midi, une fois donnés les ordres nécessaires à ses troupes, le général Al-Din se repose près de la fontaine centrale au milieu de la place.  Arrivent Djamil et Farid et la conversation s’engage facilement:
– Bonjour général. Vous prenez un peu de repos à l’endroit le plus frais de la place.  Vous permettez qu’on s’assoie avec vous?
– Bien sûr, Djamil.  Vous savez sûrement déjà que nous chevaucherons ensemble à la fin de la semaine vers Al-Khandra.
– Mon père m’a averti de ses intentions et j’escorterai ma soeur avec plaisir et puis, j’ai hâte d’apprendre de nouvelles façons de faire au contact du prince Karim, car je serai son écuyer et pourrai montrer mes talents à l’arc.
– Comme il vous plaira.  Vous me semblez aimer la confrontation et les bagarres, ce qui sera un atout majeur si une guerre survenait contre les barbares.
– Il en sera fait selon les désirs du sultan.  Je vous assure que je n’aime pas la guerre pour la guerre, mais lorsqu’on est attaqué, il faut savoir faire preuve de courage et affronter l’ennemi avec nos meilleures armes, soit la stratégie, le savoir du maniement des armes et la bravoure des guerriers.
– Comme vous avez raison.  Nous nous rejoignons sur ce point, lui répondit le général Al-Din.
– À bientôt, général.  Je vous verrai plus tard.  J’ai une pratique de cimeterre avec mon maître, dit Djamil en se levant et en s’éloignant.
Resté seul avec le général, Farid lui dit:
– Général, j’ai une faveur à vous demander.  Serait-il possible pour vous de convaincre ma mère de me laisser partir avec Djamil et la caravane pour Al-Khandra?  Si je reste ici sans lui, je ne ferai que m’ennuyer, je n’aurai plus goût à rien.  Depuis mon plus jeune âge, nous avons presque tout partagé ensemble. Je suis sûr que si cette demande vient de vous, ma mère ne pourra refuser car je l’ai entendue dire qu’elle vous trouvait impressionnant et éloquent.
Surpris par la démarche de Farid, le général Al-Din répondit:
– Je te remercie de ta confiance.  Je ne m’étais pas rendu compte de l’impression que j’avais faite à ta mère, mais si ton désir est si fort de nous accompagner, je veux bien tenter de lui faire cette demande.
– Merci, général, lui dit Farid en s’éloignant pour rejoindre Djamil.

JOUR 26:

Séphora, la marchande de poteries de l’oasis de Kadesh, vient d’entreprendre sa journée de labeur.  C’est elle qui crée tous les dessins gravés sur le grès et elle décide des couleurs à y apposer.  Elle travaille selon l’inspiration du moment et selon ses humeurs.
En ce moment, elle réfléchit à la proposition du marchand voisin de son local qui voudrait lui vendre son espace.  Vu la demande pressante pour ses créations, elle pourrait agrandir son atelier, engager d’autres artisans et faire fructifier son commerce.
Tout à ses pensées, elle n’a pas vu arriver le général Al-Din.
– Bonjour marchande Séphora.  Comment allez-vous?
– Par Allah! général.  Vous m’avez surprise. Je suis honorée de votre visite. Venez dans mon bureau prendre le thé.  Mais avant, j’aimerais vous montrer mon atelier ainsi que mes créations.
– Vous avez de belles oeuvres et votre atelier est impeccable.  J’adore ce petit vase et je tiens à vous l’acheter.  Je pourrai y déposer ma petite monnaie.
– Nenni, général.  Laissez-moi vous l’offrir.  Comme cela, je serai certaine qu’une de mes créations se rendra jusqu’à Al-Khandra. Maintenant, allons prendre le thé.
Tout en sirotant le liquide plutôt sucré, le général la remercia encore de son cadeau et lui dit:
– Que diriez-vous si je vous demandais la permission pour que votre fils Farid nous accompagne lors de notre retour?
Surprise, Séphora répondit:
– Mais, à quoi peut-il bien vous servir, général?
– Vous savez que le fils de l’émir rentrera avec nous et lui et Farid ne se sont pas quittés depuis l’enfance.  Je pense qu’ils pourront être un support l’un pour l’autre loin de cette oasis. Qu’en pensez-vous?
– Farid n’est pas comme les autres garçons.  Il est très solitaire, ce qui le rend curieux de tout.  Il recherche le beau.  Il adore comprendre tout ce qui l’entoure. C’est vrai qu’ici, il ne pense qu’à être dans les livres ou sinon avec Djamil pour apprendre le maniement des armes.
– Je pense que ce voyage pourra l’enrichir.  Il verra plein de choses et à Al-Khandra, il pourra rencontrer Abraham Ben Gour, notre médecin qui est aussi un érudit.  Il détient beaucoup de savoir et sera heureux de rencontrer quelqu’un comme lui qui cherche toujours le pourquoi des choses.
– Cher général, vous m’avez convaincue.  Même si je m’ennuierai  de lui, je lui donne la permission de vous accompagner sachant tout le bien qu’il en retirera.
Lorsque le général quitta Séphora, il était content pour Farid que sa demande soit acceptée.  Il se demande ce qu’il peut bien y avoir entre Djamil et Farid pour qu’ils aient toujours envie d’être ensemble.
Mais ce questionnement ne dure pas très longtemps.  Il se reprit à penser à Soroya, son impossible amour. Il est déjà résigné à enfouir au plus profond de son âme l’amour naissant qu’il ressent pour elle.  Pourtant, que ne donnerait-il pas pour pouvoir vivre au grand jour ce merveilleux amour?
3Commentaires
  • Céline Larouche/ 16.05.2020Répondre

    Bonjour Audette, j’ai beaucoup de plaisir à te lire, j’y reconnais l’humour que tu nous sers en atelier mais aussi ta tendresse dans ton texte sur la confiance et la lettre de ta mère.

  • Manon/ 12.05.2020Répondre

    Captivant la description des personnages du conte.

  • richard latour/ 09.05.2020Répondre

    Très drôle et je suis content que tu sois guérie

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